Prévention du suicide
- Le suicide peut toucher tout le monde, peu importe le genre, l’âge, les origines, la profession, etc.
- Le risque de suicide varie selon les personnes et les circonstances.
- Les troubles de santé mentale représentent l’un des principaux facteurs de risque de tentative de suicide et de suicide. Même si toutes les pathologies sont concernées, la dépression est de loin la plus fréquemment retrouvée
- La France avec 25 suicides par jours en 2021 est un des pays d'Europe où l'on se suicide le plus.
- En 2017, 4,7% des personnes âgées de 18 à 75 ans ont déclaré avoir eu des pensées suicidaires au cours de 12 derniers mois.
Chez une personne présentant une vulnérabilité, l’accumulation d’événements douloureux peut générer un niveau de souffrance dépassant les capacités d’adaptation ce qui fait émerger les idées suicidaires et un passage à l'acte. .
Trois métaphores permettent de mieux comprendre ce processus qui amène au passage à l’acte :
La boule de neige : plus un individu sera confronté à des événements de vie difficiles, plus son niveau de souffrance augmentera, plus il aura tendance à essayer de la réduire par des stratégies risquées ou inadaptées (ex. boire de l’alcool, s’isoler, se scarifier), et plus il subira les conséquences de ces mêmes stratégies (ex. une personne qui s’alcoolise pour apaiser ses angoisses est plus à risque de licenciement). C’est un cercle vicieux : le risque engendre le risque.
L’entonnoir : l’envahissement par la détresse tend à paralyser les capacités de réflexion de la personne, à biaiser sa vision du monde et à altérer son jugement. Plus la détresse augmente, plus la personne devient aveugle aux solutions qui permettraient de l’apaiser (et qui, le plus souvent, existent bel et bien), et plus la mort apparaît comme l’unique option pour la soulager. Les tentatives de suicide et le suicide procèdent de ce paradoxe : mourir pour ne plus souffrir.
La goutte d’eau : une personne qui est au bout de l’entonnoir, qui est submergée par sa détresse est comme un vase déjà plein. Une seule goutte d’eau suffit à le faire déborder.
C’est ainsi qu’un événement qui pourrait paraître modeste peut déclencher un geste suicidaire. On parle de facteur précipitant (ex. une rupture amoureuse, une perte d’emploi…). Un observateur extérieur pourrait avoir l’impression que le suicide ou la tentative de suicide est attribuable à ce seul évènement, à cette seule goutte d’eau. En réalité, la cause du suicide relève de la complexité de ce qui a contribué à remplir le vase.
Néanmoins, c’est un processus réversible.
Cette conception ouvre la voie à tout un ensemble d’interventions de soutien qui peuvent permettre de réduire le degré de souffrance et d’enrayer le cercle vicieux. Avec de l’aide et un accompagnement approprié, il est possible de trouver des ressources auxquelles on n’avait pas encore pensé jusqu’à présent.
Ainsi, nous pouvons tous aider une personne en crise suicidaire à entrevoir d’autres alternatives que la mort. Ce processus n’est pas irréversible ; on peut sortir d’une crise suicidaire à tout moment. Cependant, lorsque l’on apporte son soutien, on ne doit jamais rester seul avec les confidences.
3114 Numéro national de prévention du suicide
- En France le numéro 3114, numéro national de prévention du suicide, a été lancé le 01/10/2021. Il est accessible 24h/24 et 7j/7 et s’adresse :
- aux personnes en souffrance ou ayant des idées suicidaires,
- aux personnes inquiètes pour une personne en souffrance ou ayant des idées suicidaires,
- aux personnes endeuillées par un suicide
- aux professionnel(le)s de santé.
2. Le site internet https://3114.fr/, regroupe de nombreuses informations pour les personnes en souffrance, les personnes inquiètes, les personnes éprouvées et les professionnels.