Addiction sans substance
Jeu d’argent et de hasard
Les jeux sont d’argent et de hasard lorsqu’ils reposent :
– Sur l’argent : le joueur mise, dans l’espoir d’un gain, de l’argent qu’il ne peut reprendre ;
– Sur le hasard : l’issue du jeu repose uniquement ou principalement sur le hasard.
Les jeux de pur hasard dont le résultat est immédiat ont un risque d’addiction plus important en raison du délai très court entre la mise et le résultat qui incite à rejouer immédiatement. De plus, les mises peu élevées et la disponibilité de ces jeux dans des lieux de convivialité renforcent le risque d’addiction.
Les jeux pour lesquels le joueur peut choisir son ticket, ses numéros ou sa machine présentent un risque d’addiction de par l’illusion de pouvoir contrôler le hasard.
Les jeux en ligne présentent un risque important d’addiction car le fait de jouer partout et à tout moment, on peut jouer sur plusieurs sites en même temps, l’argent joué est dématérialisé, le fait de jouer seul et loin des regards fait perdre la notion de temps passé et d’argent dépensé et perdu.
Jeu problématique :
Au regard de la littérature scientifique, on peut noter quatre caractéristiques du jeu pathologique :
- La place du jeu
- La fréquence
Certains joueurs peuvent s’adonner au jeu de manière intensive mais sur une courte durée. Les phases de jeu s’enchaînent à un rythme effréné et les sommes investies sont particulièrement importantes. Malgré une durée de jeu relativement courte, les difficultés engendrées peuvent avoir un fort impact sur les finances du joueur et entraîner de lourdes dettes.
- La démesure et la perte de contrôle
Un autre aspect du jeu problématique est la perte de liberté du joueur. Le joueur en difficulté maîtrise difficilement sa pratique, il ne peut quitter le jeu au moment où il l’avait décidé. Dès lors, il perd le contrôle sur son activité.
- La recherche d’excitation
Certains joueurs recherchent dans le jeu une manière de prendre des risques. L’excitation ressentie pendant ces phases de jeu leur procure du plaisir, un état d’esprit et des sensations qu’ils cherchent à tout prix à reproduire en jouant, au risque de perdre le contrôle et de se mettre dans des situations difficiles, voire ingérables.
Les conséquences du jeu problématique touchent tous les aspects de la vie du joueur. Il est la cause de difficultés financières, de difficultés sociales et professionnelles, d’un grand désarroi et menace un équilibre psychologique,
Plusieurs possibilités s’offrent au joueur
- Interdiction volontaire de jeu : L’interdiction volontaire de jeux est une démarche strictement personnelle et confidentielle qui entraîne une interdiction d’accès, sur l'ensemble du territoire national, aux casinos, aux clubs de jeux et aux sites de jeux en ligne agréés par l’Autorité nationale des jeux (ANJ).
Cette interdiction est de 3 ans minimum et se prolonge jusqu’à ce que le joueur se manifeste pour l’annuler.
Cette interdiction ne s’applique pas aux paris hippiques et sportifs sur les hippodromes ou dans les commerces agréés. Elle ne s’applique pas non plus aux lotos et loteries.
La demande peut se faire en ligne (interdictiondejeux.anj.fr), par mail (interdictiondejeux@anj.fr ) ou par courrier (Autorité nationale des jeux - Service interdiction de jeux - 99-101 rue Leblanc 75015 Paris)
La demande doit être signée et doit comporter :
vos coordonnées complètes : adresse postale et numéro de téléphone,
un créneau horaire de votre choix afin d’être rappelé par les services de l’ANJ,
une copie d’une pièce d’identité (passeport, carte d’identité recto/verso, permis de conduire)
Par la suite, les services de l’ANJ prendront contact avec vous rapidement par téléphone sur le créneau horaire que vous aurez renseigné afin de vérifier votre identité et finaliser votre demande d'interdiction de jeux.
2. L’auto exclusion des sites de jeux : Il est possible de s’auto-exclure d’un site de jeux en ligne. Le joueur détermine la durée de son exclusion, qui ne peut être inférieure à vingt-quatre heures ni supérieure à douze mois.
L'effet est immédiat. Le site bloque le compte joueur et interdit l’ouverture d’un nouveau compte pour la période choisie.
Tous les sites de jeux sont tenus de proposer la procédure d’auto-exclusion, soit directement sur le site de jeux soit par courriel auprès de l’opérateur de jeux. Il s’agit d’une procédure spécifique à chaque site de jeu ; le joueur devra renouveler cette opération sur l’ensemble des sites où il a un compte. La procédure ne concerne pas les sites illégaux, non autorisés par l'Autorité Nationale des Jeux (ANJ).
3. Les fichiers internes des casinos : Certains casinos créent également leur propre fichier de personnes « à ne pas recevoir », désigné sous le nom d’A.N.P.R.
Le joueur peut demander à être inscrit sur cette liste afin d’être interdit de jeu dans un casino en particulier. Cette inscription se fait à l’amiable et n’est pas encadrée. Elle est laissée à la libre appréciation du casino. Aucune règle n’encadre cette mesure.
Très souple, cette mesure n’empêche pas l’accès aux autres établissements.
Pour vous informer et vous faire aider, plusieurs ressources existent :
- https://www.joueurs-info-service.fr/ délivre de nombreuses informations et propose une écoute à distance via un chat et via un numéro de téléphone accessible 7j/7 de 08h à 02h (09 74 75 13 13).
- https://ifac-addictions.chu-nantes.fr/
- L’association joueurs anonymes propose une réunion tous les mardis de 19h30 à 22h00 à l’hôpital Paul Brousse au bâtiment Albatros, plateau thérapeutique salle 01
- Le site de l’association SOS Joeurs ( https://sosjoueurs.org/ ) propose des informations et une aide par téléphone (09 69 39 55 12) et par mail (contact@sosjoueurs.org )
- Les Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA)
- Les unités hospitalières d’addictologie
Dépendance affective et au sexe
La personne sex addict a un besoin permanent, irrépressible et excessif de sexe sous quelque forme que ce soit. Il consomme le sexe au quotidien et par tous moyens : vidéos pornographiques, masturbation, rapports avec des partenaires multiples, pensées érotiques ou encore propos évocateurs. Sa sex addiction, en outre, se manifeste en tous lieux et notamment au travail, et au quotidien.
Pour soigner l'addiction au sexe, il est d'abord essentiel de prendre conscience de sa dépendance et d'oser l'avouer. C'est sans doute l'étape la plus difficile vers la voie de la guérison, dans la mesure où la plupart des sex addicts sont dans le déni.
Des groupes de parole existent pour favoriser l'aveu d'une sex addiction. En échangeant avec d'autres, la personne sex addict réalise qu'il n'est pas seul et la honte ressentie diminue.
Une fois le trouble identifié, il est possible de se rapprocher de son médecin généraliste qui pourra orienter le patient vers un thérapeute spécialisé.
Si aucun traitement par médicaments n'existe à ce jour, différentes techniques (approches psychothérapiques) permettent au sex addict de se détacher peu à peu de son addiction au sexe. En cas de dépression, il pourra en outre avoir recours à des antidépresseurs. La prise en charge psychothérapique est axée sur la reprise du contrôle du comportement, un travail sur les émotions et le contrôle d’impulsions.
Dépendance au travail - Workaholisme
Le terme de workaholisme existe depuis les années 70. Les travailleurs workaholiques ont peur de l’inactivité, qui les met face à leurs émotions et à leurs angoisses. Ce sont également des personnes en recherche de défis permanents : un travail hyper-sollicitant leur procure dans un premier temps plaisir et satisfaction, mais à terme les rend dépendants.
Le workaholisme peut entraîner des conséquences sur le travailleur lui-même et/ou sur son entourage professionnel ou familial. Il peut être à l’origine de stress, de symptômes de surmenage et d’épuisement professionnel pour le travailleur. Le workaholisme peut générer une pression professionnelle exagérée pour les collaborateurs.
Longtemps attribué à la personnalité des individus, il est cependant important de ne pas négliger le contexte organisationnel dans la survenue de ce type d’addiction comportementale. Une culture de l’excellence et/ou de l’efficacité à tout prix, des objectifs fixés trop élevés, l’usage exponentiel des technologies de l’information et de la communication ou des contextes particuliers de précarité professionnelle (menace de fermeture d’entreprise, plan de restructuration, fusion d’entreprise avec réduction de personnel, travail temporaire et recherche de stabilité professionnelle…) peuvent également être à l’origine de ce phénomène.
Prévention :
Au vu des connaissances actuelles, la prévention collective de l’addiction au travail repose, entre autres, sur la prévention des risques psychosociaux. De même, l’utilisation des Technologies d'Information et de Communication doit être accompagnée de mesures permettant de limiter la surcharge informationnelle et de maintenir une frontière entre les activités professionnelles et celles relevant de la vie privée.
Prise en charge
- La prise en charge du salarié souffrant d’addiction au travail nécessite, dans un premier temps, une intervention médicale. Celle-ci peut être initiée lors d’un examen par le médecin du travail, par exemple lors d’une visite de reprise ou à la demande du salarié ou de son employeur.
- Une prise en charge multidisciplinaire impliquant notamment un addictologue est alors instaurée. La thérapie cognitivo- comportementale constitue la base du traitement, un des objectifs principaux étant le maintien dans l’emploi. Ainsi, en lien avec l’addictologue et le médecin du travail, le salarié va (ré)apprendre à fixer des limites dans ses horaires de travail, respecter les jours de repos hebdomadaires, prendre des vacances, ne pas consulter sa messagerie professionnelle et éteindre son téléphone portable lorsqu’il ne travaille pas... Ces différentes actions peuvent nécessiter un aménagement du poste de travail.
Ressources extérieures :
https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=DC%2016
Technodépendance
La techno-dépendance est une affection qui atteint de plus en plus de gens. La personne souffrante ressent le besoin permanent d'être connectée au monde via un appareil électronique (internet, mail, réseaux sociaux, SMS, jeux en ligne…) et ressent un mal être si elle ne peut pas être connectée.
L’usage professionnel des technologies d’information et de communication (TIC) est maintenant courant dans les entreprises. Ces outils technologiques permettent un gain de temps lors de la réalisation de certaines tâches : échanges de données, recherche d’information, messagerie électronique, outils de gestions et de transactions commerciales…
L’apparition de troubles musculosquelettiques, de perturbation du sommeil et de problèmes relationnels est relevée dans plusieurs études. En milieu de travail, l’utilisation d’outils de communication mobile (smartphones, ordinateurs portables, applications numériques…) peut rompre la frontière entre vie professionnelle et vie privée.