Publié le 1 juin 2026 Mis à jour le 5 mai 2026

Chaque mois, le Service de Prévention et de Santé au Travail met en avant un thème de prévention. C’est l’occasion de partager quelques informations et de rappeler que l’équipe du SPST reste disponible pour échanger sur ces sujets. En juin, on met l'accent sur le droit à la déconnexion.

Le droit à la déconnexion des travailleurs vise, par la régulation de l’utilisation des outils numériques à usage professionnel, à assurer le respect de leurs temps de repos et de congé, ainsi que de leur vie privée et familiale.
 

                                                          

Généralités

Faire respecter les durées maximales de travail et garantir le temps de repos et de congé

Tout travailleur bénéficie d’un repos quotidien d’une durée minimale de 11 heures consécutives, sauf dérogations spécifiques. En conséquence, l’amplitude journalière du travail (temps de travail effectif et temps de pause) ne peut, dans le cas général, excéder 13 heures.

Le travailleur doit pouvoir bénéficier de ce temps de repos et de ses congés, sans être sollicité professionnellement.

Le droit à la déconnexion fait également partie intégrante du respect de la vie privée et familiale et de son articulation avec la vie professionnelle, ainsi que de la régulation de la charge de travail.

Ces objectifs apparaissent majeurs, notamment avec le développement du télétravail

L’évolution de l’organisation du travail (télétravail, multiplication des canaux de communication par l’usage des téléphones et ordinateurs portables, réseaux sociaux et messageries instantanées, plateformes collaboratives) peut augmenter la complexité du travail et la charge informationnelle, contribuant à l’intensification du travail.

Les technologies numériques peuvent entraîner un brouillage des frontières entre vie professionnelle et vie personnelle, les salariés devenant joignables en permanence et pouvant être amenés à traiter des tâches professionnelles en dehors du lieu et du temps de travail. A  l’extrême peut apparaitre une « déconnexion impossible », liée notamment à la peur de manquer une information ou un événement important (phénomène de FOMO – Fear of Missing Out). Les enjeux sur la santé des travailleurs sont multiples :  fatigue émotionnelle, anxiété, et altération du bien-être physique et psychologique et donc stress chronique, troubles du sommeil, burn-out, TMS, maladies cardiovasculaires et métaboliques

Cette situation peut conduire à un surinvestissement dans la sphère professionnelle, rendant plus difficile la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle et constituant un facteur de risques psychosociaux.

Les notifications intempestives peuvent fragmenter l’activité de travail et perturber la concentration, certaines études montrant qu’après une interruption il faut en moyenne 10 à 15 minutes pour reprendre une tâche.

La surcharge informationnelle (« infobésité ») peut résulter notamment de la facilité à multiplier les destinataires et à mettre de nombreuses personnes en copie, ce qui augmente le volume d’informations à traiter.
 

Recommandations

D’une façon générale essayez de respecter les principes suivants :

1. Respecter des temps de déconnexion :

  • Ne pas consulter la messagerie ou les applications professionnelles en dehors du temps de travail, sauf situation exceptionnelle. (soir, week-end, congés)
  • Éviter l’installation d’applications professionnelles sur le téléphone personnel
  • Ne pas se sentir obligé de répondre immédiatement aux sollicitations le mail est par nature un outil asynchrone, qui n’implique pas une réponse immédiate ; en cas d’urgence, il est préférable d’utiliser un outil de communication plus adapté comme le téléphone.
  • Activer les messages d’absence et notifications de non-consultation pendant les congés.

L’objectif est de protéger les temps de repos, la vie personnelle et familiale, définir une frontière claire entre espaces de vie

2. Réguler la consultation de la messagerie

  • Éviter la consultation permanente (ex : consultation à heures fixes).
  • Désactiver les notifications en continu lorsque cela est possible.
  • Prioriser les messages importants.

L'objectif est d’éviter un état d’alerte cognitif et émotionnel généré par la consultation permanente des messages, facteur de stress et de surcharge mentale. Les notifications intempestives peuvent fragmenter l’activité de travail et perturber la concentration.

Limiter au maximum le nombre de mails :

  • Vérifier la pertinence de l’email avant l’envoi.
  • Limiter les destinataires (CC / CCI).
  • Rédiger un objet clair et synthétique.
  • Éviter les pièces jointes volumineuses inutiles.

L’objectif est de diminuer la charge cognitive excessive.

3. Clarifier avec vos collègues, responsables, interlocuteurs les usages des différents outils : tous les messages n’ont pas vocation à passer par la messagerie : par exemple :

  • mail : information non urgente
  • messagerie instantanée : échanges rapides
  • téléphone : sujet urgent
  • réunion : sujet complexe

L’objectif est de diminuer les interruptions permanentes et améliorer la concentration


 

4. Savoir identifier les signaux d’alerte d’hyperconnexion

Les signes fréquents :

  • consultation compulsive de la messagerie
  • difficulté à se déconnecter mentalement du travail
  • fatigue cognitive / irritabilité
  • sentiment d’urgence permanent

Les risques sur la santé sont multiples stress chronique, troubles du sommeil, burn-out, TMS, maladies cardiovasculaires et métaboliques.

Les outils numériques doivent rester des instruments au service du travail et ne pas conduire à une disponibilité permanente des salariés.



 

Pour en savoir plus :

https://travail-emploi.gouv.fr/le-droit-la-deconnexion

https://www.inrs.fr/actualites/outils-numeriques-communication.html

https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=QR%2092